L’HEBDO NATURE – CURIOSITÉS SUR LA DIGITALE

8 L'hebdo nature - La digitale

La beauté fatale

Je suis désolé mais vous ne me ferez pas croire que vous n’avez jamais vu de digitale, appelée pourpre lorsqu’elle est rose ou jaune lorsqu’elle est…jaune. Tiens je suis sûr qu’en montant au « Domaine du Hirtz » vous allez la croiser sauf si vous avez vraiment votre nez couché sur le volant. Cette fleur tient son nom au fait que l’on peut très facilement introduire son doigt dans la corolle de la fleur qui ressemble à un dé à coudre (d’où son nom allemand d’ailleurs). Je ne vous ai rien dit mais au restaurant du « Domaine » on vous servira peut-être des fleurs dans votre assiette durant votre repas. Mais je tiens de suite à vous rassurer, il ne s’agira pas de digitale. La direction souhaite fidéliser ses clients. Avec la digitale le client ne viendrait qu’une seule fois. En effet celle-ci est mortelle, 40 grammes de feuilles et de fleurs et votre âme s’élèverai bien plus haut que le Grand Ballon…Maintenant les mauvais payeurs je ne sais pas, mais, le cas n’est pas encore arrivé !

Et comme souvent pour les plantes toxiques, celles-ci sont utilisées en…médecine. On extrait la digitoxine pour le traitement contre la tachycardie et l’arythmie cardiaque.

 

 

 

 

La digitale autour du HIRTZ

Affectionnant notamment les sols siliceux et acides, elle se plaît bien autour du Hirtz et particulièrement le long de la route des Crêtes qui vous mène au Vieil Armand, au-dessus du Hirtz. Elles fleurissent de juin à septembre et peuvent atteindre près de 2 mètres de hauteur (assez fréquent sur les sentiers forestiers). La version pourpre est la plus fréquente pour ne pas dire très abondante. La version jaune l’est beaucoup moins. Vous en trouverez, par exemple, juste avant la ruine du château du Herrenfluh. Il arrive que les deux variétés se côtoient de façon naturelle.

 

Le cliché de la semaine

Si vous voulez voir, ou mieux, photographier un ballet de bourdons en quête de nectar, c’est bien aux côtés de ces belles plantes que vous les trouverez. Rares sont les insectes, après s’être engouffrés dans l’étroite et longue corolle  qui peuvent y chercher leur butin. La langue du bourdon, suffisamment longue, a cette faveur. Les plus belles prises photographiques se font lors des matins humides ou après un orage. Les gouttelettes d’eau qui garnissent la fleur donnent au cliché une certaine poésie grâce à un contraste de couleurs bien plus marquant qu’une plante devenant un peu terne en plein soleil. 

 

 

L’autobiographie de l’artiste Claude Peter

 

 

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25 Décembre 2015 … C’est ce jour-là que tout a commencé ou, plus exactement, que tout a recommencé ! Troquant mon nouveau matériel tout fraîchement déballé d’une existence furtive sous un sapin de Noël factice, je me rendis dans les bois des alentours. Il me fallait tester cet engin imposant de technologie afin de le dompter au plus vite craignant de vivre les cruelles désillusions du photographe animalier débutant.

Me trainant péniblement, encore endolori par des journées de fêtes, je marchais vers ce qui sera, sans le savoir à cet instant,  ma nouvelle drogue, celle qui vous prend un jour, sans prévenir gare mais qui vous lance des signaux pour tester votre réelle capacité à vivre ce qui devrait rapidement s’appeler une Passion !

Je me mis à penser à mon adolescence où, avec un appareil Reflex de bonne fortune, j’écumais les forêts des Vosges du Nord à la recherche de son Roi majestueux, le cerf ; je me  souvins de ce face à face nocturne avec cette énorme paire de bois qui encadrait une lune prisonnière, de toutes ces dames qui accompagnaient le « coiffé ». Tout en marchant je vins à me poser la question « Comment ai-je pu, oui comment ai-je pu faire ce break de 30 ans avec ce que je croyais pourtant être mon moteur d’existence ?»

Soudain, une buse perchée au loin sur un piquet de vigne, se présenta à moi. Et comme un signe du destin, celle-ci décolla et vola dans ma direction pour se poser à proximité, le temps de quelques clichés ! Etait-ce vraiment un signe du destin ? Quelques instants plus tard, après une heure d’un affût infructueux et au moment de quitter les lieux, un très majestueux….cerf se figea devant mon nez.  Mon appareil photo posé au sol, ne restera de cet instant que cet échange de regards entre un homme ébahi et un animal, libre et sauvage. Etait-ce là aussi un signe du destin ?

Assurément oui !!!  J’étais assommé ; ma passion enfouie au fond de mon esprit venait de me reprendre en otage, je l’ai su, immédiatement ! La jonction, après 30 années d’égarement, venait de s’opérer.